Diagnostiquer Alzheimer avant les premiers symptômes *

Par Damien Mascret – le 11/03/2014

Une équipe de l’université Georgetown, à Washington, vient de publier les premiers résultats d’un test très prometteur dans la prestigieuse revue internationale Nature Medicine.

Voilà une découverte qui ouvre en fanfare la semaine du cerveau organisée en France du 10 au 16 mars: il sera bientôt peut-être possible de faire le diagnostic de la maladie d’Alzheimer par une simple prise de sang plusieurs années avant que n’apparaissent les premiers symptômes.

L’idée pourrait paraître dangereuse voire inutile, puisqu’il n’existe à ce jour aucun médicament susceptible d’enrayer la maladie. Elle est pourtant à portée de la main des médecins.

Une équipe de l’université Georgetown à Washington, dirigée par le Pr Howard Federoff, vient en effet de publier dans la prestigieuse revue internationale Nature Medicine, les premiers résultats d’un test très prometteur.

Les chercheurs ont réalisé des prises de sang à 525 personnes de plus de 70 ans en bonne santé et les ont revues chaque année pendant cinq ans. En parallèle, ils ont dosé près d’une centaine de molécules dans leur sang, essentiellement des biomarqueurs phospholipides, produits de dégradation du métabolisme neuronal ou lipidique. Ils se sont alors aperçus qu’une dizaine étaient effondrés chez les patients qui souffraient, à la fin de la troisième année, de trouble cognitif léger ou de maladie d’Alzheimer.

Ils ont ensuite déterminé un seuil discriminant pour ces dix biomarqueurs entre les patients indemnes et ceux qui développaient des troubles. L’étape suivante consistait à vérifier sur un nouveau groupe de patients si la prédiction était possible. Dernière précaution: s’assurer de l’utilité pratique du test. On considère en effet qu’un test diagnostic doit détecter la grande majorité des patients malades (sensibilité du test) mais aussi être négatif lorsque la personne testée n’est pas malade (spécificité du test). Or, la sensibilité et la spécificité du test développé à Georgetown sont de 90 %. «Ceci suggère que nous pourrions utiliser ce test au moment où les patients sont seulement considérés comme à risque de maladie», explique le Pr Federoff. Autrement dit, avant l’apparition du moindre symptôme.

«Il y a eu beaucoup d’efforts par le passé pour développer des médicaments visant à modifier l’évolution de la maladie d’Alzheimer, ajoute le Pr Federoff. Malheureusement, ils ont tous échoué.» Car les médicaments qui existent ne permettent pas d’enrayer la maladie et encore moins de la guérir, tout au plus ralentissent-ils modestement le déclin cognitif. «Mais peut-être que ces médicaments ont été testés au mauvais moment, alors que la maladie se manifeste déjà.»

Tout l’enjeu ouvert par un test diagnostic est précisément de réaliser des essais cliniques chez des personnes qui seraient considérées comme ayant un haut risque de développer la maladie dans les années qui viennent. Il devient alors légitime de leur proposer d’essayer un traitement et peut-être, espère le Pr Federoff, «de reporter voire d’empêcher la survenue de la maladie».

Si son efficacité se confirme à plus grande échelle et dans d’autres populations, ce test deviendrait alors la clé d’entrée d’une nouvelle génération d’essais thérapeutiques. Les biomarqueurs proposés pour l’instant sont soit trop contraignants, soit insuffisamment performants pour des essais de grande envergure.

LA RÉDACTION VOUS CONSEILLE:

Alzheimer: la piste de la stimulation magnétique

Le manque de sommeil favoriserait Alzheimer

Alzheimer, les non-dits d’un diagnostique précoce

 

Sources

* http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/03/11/22095-diagnostiquer-alzheimer-avant-premiers-symptomes

* http://sante.lefigaro.fr/

This entry was posted in Uncategorized. Bookmark the permalink.

Comments are closed.