Gérontophobie et Gérontologie

Conférence intitulée “Gérontophobie et Gérontologie“  prononcée MARDI le 27 mars 2012, dans le cadre des « Conférences du mardi », de l’Université du 3e Âge (UTA de Sherbrooke) des Berges de Lachine.

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La gérontophobie est NOTRE incapacité de NOUS adapter à NOS changements qui NOUS touchent.  Ce phénomène est beaucoup plus généralisé qu’on le croit.

Par gérontophobie, j’entends cette crainte irrationnelle ou déraisonnable de tout ce qui appartient au vieillissement, à la vieillesse : à notre vieillissement.

Peut-être vous-mêmes, vous avez dû lutter contre votre sentiment gérontophobique pour vous inscrire à cette conférence sur le vieillissement.

Il y a des personnes de 20, 40, 60, 80 ou 100 ans qui éprouvent une sorte de haine irraisonnée pour leur âge et tout ce qui s’y rattache: il s’agit là d’une forme de gérontophobie.  Ne dit-on pas que les 40 plus belles années de la femme se situe entre 32 et 36 ans….

Cette gérontophobie entraîne une sorte de blocage affectif qui provoque la pitié, l’évitement, le dédain, l’aversion pour tout ce qui concerne les personnes âgées.

On n’a pas à se le cacher: l’attitude de chacun et chacune face à son vieillissement est déterminée par la manière dont on envisage l’avenir. La gérontophobie peut entraîner le refus d’une période de notre vie à laquelle il est particulièrement important de se préparer. C’est une des étapes de notre vie à laquelle nous pouvons le mieux et le plus longtemps nous préparer, ce qui n’est pas le cas de otre enfance ou de notre adolescence.

On peut identifier plusieurs niveaux de gérontophobie, entre autres, la gérontophobie des soignants qui infantilisent leur relation avec les personnes âgées et la gérontophobie familiale des enfants qui maternent abusivement leurs parents.  On pourrait aussi parler de la gérontophobie des policiers, des juges, des travailleurs sociaux, des psychologues, etc…

Pour se libérer de la gérontophobie, il faut prendre conscience de son vieillissement et du vieillissement en général.

Test de vieillissement
 
 
 


Deux hommes dans leur soixantaine parlent du vieillissement et l’un dit à l’autre :

« Le pire, c’est nos femmes, elles refusent d’admettre qu’elles vieillissent et essaient toujours de cacher leurs bobos ».

 - Tu as raison  dit l’autre mais, j’ai trouvé un bon truc pour les prendre au jeu :

si tu veux savoir si ta femme commence à être sourde, place-toi à 10 pieds d’elle et pose-lui une question.

Puis, quand tu verras qu’elle ne répond pas, avance-toi à 5 pieds.

Puis à 2 pieds . Puis à 1 pied.  Et là, elle va devoir se rendre à l’évidence qu’elle commence à devenir sourde ! »

 Le “p’tit vieux“ trouve l’idée très bonne et en rentrant chez lui,

il se met à 10 pieds de sa femme et lui demande d’une voix forte :

« Qu’est-ce qu’on mange pour souper ? » Pas de réponse…

  Il s’approche alors à 5 pieds et demande encore: « Qu’est-ce qu’on mange pour souper ? » Pas de réponse…

 Il s’approche encore, à 2 pieds, et redemande : « Qu’est-ce qu’on mange pour souper ? » Pas de réponse…

 Le gars n’en revient pas! Il s’approche alors à 1 pied et hurle: « Qu’est-ce qu’on mange pour souper ? »

Sa femme se retourne et crie : « Pour la quatrième fois : de la  lasagne !! »

La gérontologie – Définition

C’est la science qui s’occupe des problèmes biologiques, psychologiques, sociaux et économiques posés par les personnes âgées. La gérontologie désigne l’étude du vieillissement dans toutes ses dimensions, notamment sociale, économique, démographique, psychologique, anthropologique, culturelle, médicale et autres.

La gérontologie c’est l’étude du vieillissement et de ses effets dans son ensemble:

La gérontologie sociale – Définition

La gérontologie sociale étudie les causes du vieillissement des populations et ses conséquences économiques, psychologiques et sociales, tant au niveau des groupes humains qu’au niveau des individus, pendant la seconde moitié de leur existence. La condition matérielle et morale, le statut social, le rôle, l’influence des individus vieillissants ou âgés, la transformation de ces aspects, l’adaptation des individus et de la société à cette transformation, sont les principaux sujets d’étude de cette branche des sciences humaines, dont les premiers travaux systématiques remontent, tant en Europe qu’aux États-Unis, à la décennie 1930-1940 ; l‘expression de « gérontologie sociale » apparaît en 1954, sous la plume de C. Tibbits.  Au Québec, c’est Nicolas Zay qui est identifié comme le père de la gérontologie sociale.

La gérontologie désigne l’étude des modalités et des causes des modifications que l’âge imprime au fonctionnement des humains, sur tous les plans (biologique, psychologique et social) et à tous les niveaux de complexité.

Il s’agit d’une approche des problèmes de la vie plutôt que d’une discipline autonome : toutes les avancées des sciences biologiques et des sciences humaines contribuent aux progrès de la gérontologie.  Aucun institut, ni aucun spécialiste, ne peut prétendre en dominer tous les aspects.

La gérontologie embrasse quatre aspects en interaction constante :

1) le vieillissement physique : la perte progressive de la capacité du corps à se renouveler ;

2) le vieillissement psychologique : la transformation des processus sensoriels, perceptuels, cognitifs et de la vie affective de l’individu ;

3) le vieillissement comportemental : résultat des changements ci-dessus dans le cadre d’un milieu donné et regroupant les aptitudes, les attentes, les motivations, l’image de soi, les rôles sociaux, la personnalité et l’ADAPTATION

4) le contexte social du vieillissement : l’influence qu’exercent l’un sur l’autre l’individu et la société. Cet aspect touche la santé, le revenu, le travail, les loisirs, la famille, etc.

En dehors du contexte soignant, la gérontologie est liée à des disciplines comme la philosophie, les sciences politiques, la psychologie de même que la sociologie et l’histoire.

Philosophie : pour pouvoir soigner ou accompagner les personnes âgées il faut être capable de les écouter et pour cela il faut prendre conscience de sa propre conception de la vieillesse.

Sciences politiques : les aînés représentent désormais une force politique importante qui préoccupe les gouvernements de tous les pays.

Psychologie : la psychologie du vieillissement est un domaine relativement nouveau. Auparavant, les psychologues se consacraient davantage à l’étude de l’enfance et de l’adolescence. Les préoccupations actuelles touchent surtout le développement continu de la personne âgée.

Sociologie : la gérontologie sociale se penche sur l’influence de la société sur les personnes âgées, leur comportement social et l’impact de leur nombre sur les systèmes sociaux.

Histoire : cette discipline aide à comprendre l’origine et l’évolution de tout ce qui se rapporte au vieillissement. On apprend ainsi que vers 1600 on reconnaissait aux vieux le « droit de mendier » officialisant ainsi la vieillesse…

Ce n’est que vers 1950 que la gérontologie telle qu’on la connaît aujourd’hui a commencé à prendre forme et qu’on a vu apparaître les premières mesures politiques et sociales. Son développement suit le même chemin de développement que la pédiatrie dans les années 1950 : s’occuper des enfants à cette époque était considéré comme une médecine secondaire, on ne pouvait s’occuper des adultes, on s’occupe des enfants.

En fait la gérontologie s’est développée depuis les cinquante dernières années du fait de la création de la Sécurité Sociale et de l’accroissement de la longévité avec son corollaire, l’augmentation de troubles dégénératifs cérébraux et autres.

L’importance du rôle de la technologie dans la guérison fait que le patient dont la maladie est incurable apparaît inexorablement aux professionnels de la santé comme un échec, leur échec et celui de l’institution, face à la mission reçue. La maladie d’Alzheimer ou les démences de type Alzheimer des personnes âgées sont un rappel des limites du savoir et des possibilités actuelles de la médecine.
De ce fait, il faut choisir une philosophie des soins : privilégier la vie biologique d’un l’individu ou la vie bio-psycho-sociale d’une personne ?

La gériatrie – Définition

C’est la discipline médicale consacrée à l’étude de la santé et aux soins des personnes âgées.  La gériatrie est la médecine des personnes âgées. La gériatrie  est une des composantes de la gérontologie. Plus précisément, la médecine gériatrique est la spécialité médicale concernée par les affections physiques, mentales, fonctionnelles et sociales des malades âgés, en particulier lors de soins aigus, chroniques, de réhabilitation, de prévention et de fin de vie. Dernièrement nous avons eu droit au rapport de la Commission spéciale sur le mourir dans la dignité.

La gériatrie (gérontologie clinique) est une spécialité médicale qui traite des maladies des sujets âgés. C’est Isaac Nasher qui, aux États unis, a employé le premier le terme de Gériatrie en 1909.

La gériatrie c’est la branche médicale de la gérontologie (soigner les maladies propres au vieillissement, accompagner/aider les personnes atteintes de sénilité dûes à la vieillesse)    Et le débat actuel pour les services et pour les programmes destinés aux personnes âgées se fait autour de  ce choix.  Soins gériatriques ou services gérontologiques ?

Si on choisit la voie gériatrique, c’est l’ingénierie de la mécanique humaine, il faut accepter que « la technobiologie » soit le critère discriminant ; et que « la sonde » soit reine.
L’angoisse professionnelle est évacuée. Par contre l’angoisse humaine sur le sens, les valeurs de la vie, devient déstructurante.

Si on choisit la voie gérontologique il faut accepter que l’autonomie soit le critère discriminant de la qualité des soins. Ce qui oblige à réfléchir selon le mode de la pensée complexe.

Bien sûr, dans cette deuxième optique, pour tout jeune diplômé, la non prolifération de tuyaux et d’aiguilles donne l’impression que le travail effectué n’a aucune valeur « médicale »!  Ceci découle de la culture hospitalière actuelle : il n’y a pas de guérison possible.  Le vieillissement n’est pas une maladie.

L’hôpital est une institution qui répond admirablement au défi de la maladie. Il a permis la division du travail, le contrôle des urgences ; mais il a payé ses victoires et a sacrifié au nom de l’efficacité les conditions de dignité et d’individualité qui font partie des exigences humaines des bien portants, des malades et des mourants.

Certes nous avons appris à devenir des experts dans l’administration d’instruments technologiques, mais nous avons diminué notre sensibilité et notre foi en nos propres ressources et notre force intérieure. Nous n’avons pas été formés à comprendre qu’on peut aider rien qu’en étant un professionnel, tout autant qu’en faisant des actes de professionnel.

Or, dans le grand âge, le protocole souvent figé de la médecine curative fait place à d’autres exigences, où l’agir garde toute son importance : agir médical sur la douleur, agir infirmier et aide-soignant sur le nursing, mais où, parallèlement, devient nécessaire un savoir-être, aussi important dans l’espace de fin de vie que l’ont été auparavant le savoir et le savoir-faire.

Il faut quitter le vocabulaire de la pathologie pour s’ouvrir à celui des capacités potentielles (et non résiduelles ou restantes)  de la personne demande que les intervenants acceptent qu’il soit hors de leur portée de guérir la vieillesse. La seule façon de vivre longtemps c’est de vieillir… accompagné de plusieurs symptômes offerts ou masqués.

La réflexion sur le rapport avantages/inconvénients, découlant des avancées de la médecine pendant les trente années d’après guerre, qui ont privilégié l’aspect technologique où l’individu est considéré comme une machine, compliquée certes, mais qu’on peut démonter et remonter ; ce qui est la logique de la matière a conduit à revoir l’approche de la personne âgée en intégrant la présence d’inter-relations entre tous les éléments de sa structure, à la percevoir complexe. À comprendre qu’on ne peut pas démonter la personne et la ré-assembler sans lui faire perdre sa personnalité ; ce qui est la logique du vivant.

Au fil des ans, tout personne acquiert une complexité, aussi bien au plan immunologique, neurophysiologique, que social et culturel par ses inter-relations avec le milieu physique et humain qui l’entoure. Si son organisation corporelle d’humain lui est donnée à la naissance elle acquiert au fil des saisons de la vie, vécue avec d’autres humains sa structure « d’humanitude ». L’humanitude va s’auto-construire jusqu’à la mort, en intégrant des données extérieures et en les transformant en « Moi » en NOUS.

Si l’intervenant s’intéresse à la complexité du vivant il fonctionne dans une optique gérontologique. Cette procédure analyse les signes de l’organisme, mais les englobe dans le contexte quotidien, les relie au passé et au futur, gère le « chaos » qu’est susceptible de créer tout système vivant : gérer des événements imprévisibles.

Mais des soins de qualité pour les personnes âgées ont un coût : prendre son temps. Comme on le prend pour les adolescents chez qui se retrouvent d’ailleurs des situations similaires à celles du grand âge : des détériorations mentales après accident de la route, des crises dépressives avec risque suicidaire, l’anxiété du lendemain, des anorexies ou des boulimies, le même fonctionnement psychique devant les menaces sur leur identité, leur estime de soi.
Chacun, auprès de l’adolescent prend son temps pour ne pas créer des maux par ses mots…

La vieillesse n’est pas une impasse thérapeutique, mais une avenue pour des thérapeutiques différentes où l’intervenant est «thérapeute» par ses attitudes, ses comportements, ses paroles…sa structure d’humanitude.

En gériatrie, on parle de soignants, en gérontologie on parle d’intervenants ou d’accompagnants.  En gériatrie, on parle d’heures-soins, en gérontologie on parle d’heures-vie,  En gériatrie, on parle de patients, en gérontologie, on parle de bénéficiaires ou de résidants… le choix des mots imprime un sens à notre action.

Les adultes âgés sont l’un des groupes les plus hétérogènes de la société. Comme le Troisième âge peut englober une longue période, certaines personnes ont trouvé utile de faire la distinction entre les groupes suivants:

Les jeunes vieux (personnes âgées de 55 à 74 ans)

Les personnes moyennement âgées (personnes âgées de 75 à 84 ans)

Les personnes très âgées (personnes âgées d’au moins 85 ans)

Il faut finir la job…

Comme point de départ de notre réflexion nous pouvons nous demander si les personnes vieillissantes  ont la capacité de s’adapter à la société et si la société québécoise a la capacité dans son ensemble de s’adapter  au processus de son propre vieillissement.  Sommes-nous des PATIENTS, des OBSERVATEURS, des SPECTATEURS ou des ACTEURS…. face à notre destinée ?  Avons-nous fini notre job ?  Avons-nous tendance à défendre nos droits haut et fort et à mettre nos responsabilité sous le tapis ?

Est-ce que la perception des personnes âgées par la population évolue ? Nous avons connu les hospices du temps de Duplessis.  Nous avons connu le  temps des « Vieux » des années 1970, nous sommes passés à celui du « 3e Âge » dans les années 1980, à celui du « 4e Âge » dans les années 1990, pour être aujourd’hui au temps des « seniors ». Pour certains spécialistes, les années 2000 devaient être l’avènement du « Pouvoir Gris » où les seniors deviendraient un pivot de l’organisation des sociétés et des marchés. Mais encore faut-il que les seniors s’intègrent dans le train en marche des changements sociaux et qu’ils ne poursuivent pas leur « ghettoïsation ».   Les îlots de personnes vieillissantes poussent comme des pissenlits.  Il faut éviter le piège de créer ces ghettos.  Il faut faire face à NOTRE propre vieillissement.  Ex. : la Place des aînés, la Maison des grands-parents de Villeray, les Clubs de l’Âge d’or ???

La société québécoise n’a pas été vaccinée contre les ghettos d’âge et institutionnalise le vieillissement. L’institutionnalisation tant décrié, ce n’est pas seulement dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) que nous la retrouvons. Vous avez maintenant accès à un modèle institutionnel à partir de l’âge de la pré-retraite. Villes, villages et quartiers voient fleurir les parkings résidentiels pour retraités, pré-retraités…On institutionnalise à la baisse la notion du vieillissement.  Vous êtes maintenant dans l’âge d’or à 50 ans. 

Et ça dure depuis notre naissance:  la famille institutionnalise, l’école institutionnalise, le club de l’âge d’or institutionnalise, le club de hockey de vos petits enfant institutionnalise, votre voyage dans sud à tous les hivers institutionnalise.  Et on peut continuer..

Notre société occidentale industrialisée est le royaume de la copie conforme – de la pensée unique.  Il ne s’agit que de lire la grosse presse pour le constater. Nous nous retrouvons dans une société à caractère unique: nous écoutons tous Céline Dion, nous allons faire nos emplettes, le samedi matin, chez Costco, nous buvons du Coke et Loto-Québec fait fortune avec les têtes blacnhes.  Le modèle est bien intégré…. C’est subliminal.

Les baby-boomers devenant des papy-boomers ou des mamy-boomers pourraient changer le paysage.  Plus nombreux, plus actifs socialement et politiquement, ils représentent, en théorie, une puissance incontournable qui va revendiquer une place et des droits spécifiques.  Ont-ils la volonté de le faire ?

En théorie toujours, les baby-boomers voudront maintenir leurs liens avec le monde, avec leurs mondes.  Dans ce sens, les associations traditionnelles  de défense des droits et les regroupements à saveur socialisante se verront dans l’obligation de redéfinir leurs actions à une vitesse grand « V ».  Sinon leur disparition est assurée et ils rejoindront les autres vestiges d’une époque révolue dans les musées.

L’arrivée des cohortes turbulentes des baby-boomers, socialisées dans le contexte de l’après-guerre  rappelle que cette population n’est jamais restée inerte dans les différentes étapes  de sa vie: sa jeunesse (peace and love), sa vie étudiante (la naissance des CEGEP), sa carrière (la montée du syndicalisme). Cette génération a traversé une période de l’histoire contemporaine qui a conduit à changer fondamentalement la situation des retraités tant sur le plan économique: que l’on pense au développement de l’État-Providence et au  système de retraite, à leurs divers placements et à leur  investissement immobilier… ainsi qu’à leur capital social: un niveau d’étude plus élevé, le développement de la classe moyenne, leur forte intégration associative,  leurs nombreux réseaux relationnels…. En plus ou moins 60 ans, c’est-à-dire sur la durée de vie du premier baby-boomer qui a pris sa retraite  au tournant de l’an 2000, les politiques publiques ont fait de la retraite une véritable période de la vie:  VIEILLIR est devenu leur deuxième carrière diront les spécialistes….

En quelques décennies, le centre de gravité de la société québécoise  passera d’une population plutôt jeune, active socialement et professionnellement à une population âgée, hors du système productif tel que défini par nos gourous de la finance.

Toutes les études convergent et mettent en évidence le besoin de rester intégré et de maintenir des liens avec le monde environnant. L’un des moyens dans notre monde contemporain profondément marqué par les technologies est de développer encore plus ces nouveaux moyens techniques au profit des activités de loisirs, et de la consommation mais aussi d’information et d’intégration sociale: le militantisme, les échanges d’idées, le maintien des relations familiales…. Le vieillissement, considéré par certains comme un handicap dans l’acquisition des connaissances et des pratiques technologiques, a changé de visage.  Le rapport à l’objet technique est considérable : votre ordinateur acheté hier sera passé date dans 6 mois.

Nous le verrons tantôt avec l’historique des générations : les retraités nés dans le premier tiers du 20e  siècle sont plutôt marquées par le conservatisme dans les valeurs et les croyances telles la religion, la loi et l’ordre, le respect de l’autorité… Les générations suivantes affirment leur volonté de remise en question du contrôle social dans la plupart des éléments de la vie, qu’ils relèvent de la sphère privée et de l’intimité:  la sexualité, les relations homme/femme au sein du couple, mais aussi la religion, les croyances… ou de la sphère publique: le travail, la relation avec les organisations politiques ou syndicales… C’est l’époque où la femme est passée du statut d’épouse à conjointe…

Cette évolution se traduit notamment par la remise en question des formes traditionnelles d’autorité et des attitudes que les individus et les groupes adoptent:  obéissance à la hiérarchie, à la discipline… Cette nouvelle génération est aussi marquée par la consommation. Avec les baby-boomers, c’est la figure du « sujet libéré et autonome » qui s’affirme au sens d’un sujet individuel doté de toutes les compétences cognitives et physiques qui lui permettent de jouir d’une autonomie et d’exercer sa volonté, d’avoir des préférences, de les hiérarchiser et d’adapter son comportement aux préférences qu’il a pu manifester.

La tendance lourde qui traverse cette génération se caractérise essentiellement par une volonté croissante d’autodétermination et d’auto-accomplissement, mais aussi d’expression et de participation aux décisions, que ce soit dans le couple, dans la famille, dans l’entreprise et dans la consommation, mais aussi dans la vie politique et sociale : augmentation des divorces, les familles recomposées prolifèrent ainsi que le nombre de grands-parents,

Un commentateur dont je ne me souviens pas du nom prévenait en 1988: « les « vieux » des années 2000 seront très différents de ceux d’aujourd’hui (…) » expliquant que « le retraité de 1988 était né dans les années1920 et avait donc vécu son adolescence dans le Québec sclérosée des années 1930, sa jeunesse a été marquée par la guerre et par les années de la Grande Noirceur.

Le retraité de 2010, né en 1950, n’aura jamais connu qu’une société enrichie et aura fait l’apprentissage d’une vie sociale et culturelle qui l’aura sans doute mieux préparé à jouir des loisirs de la retraite. De plus, l’expérience de ses parents lui servira de modèle à perfectionner ou à rejeter. Les baby-boomers  ont et auront du temps libre à la retraite et  voudront conserver une  maîtrise sur la chose publique.

Notre société produit des retraités en plus grand nombre que jamais, tout en étant profondément imbue de valeurs: la productivité, la consommation, le rétrécissement de l’État-providence qui mettent directement en péril la qualité de vie durant la retraite.  C’est ainsi que des aînés doivent aujourd’hui affronter des problèmes de pauvreté, de marginalisation, de dépersonnalisation, qui ne découlent que de la façon dont notre société perçoit le troisième âge.

C’est tout le processus du vieillissement qu’il faut reconsidérer.  Pour commencer, il faut cesser de voir les retraités comme des acteurs en retrait de la société.  Il faut également cesser de considérer la productivité et la consommation comme des valeurs fondamentales et qui seraient les seules justifications de notre existence..  Il faut revoir le partage de la richesse dans notre société.  Il faut cesser aussi de considérer les problèmes du troisième âge comme des problèmes particuliers, touchant une tranche précise de la population.

En même temps, il ne faut pas que les personnes vieillissantes deviennent des spectateurs blasées, sceptiques ou indulgentes, d’un monde qui se ferait sans eux et parfois malgré eux.  Rien n’est plus détestable  que la vue de retraités en loisirs perpétuels, nouveaux adolescents jouisseurs et témoins passifs qui pensent que le déluge viendra après eux et qu’ils ont assez travaillé dans le passé pour avoir mérité le droit de s’asseoir à longueur de jour sur les chaises longues et berçantes de leurs balcons ou de fréquenter  les allées des centres commerciaux ou d’aller religieusement s’évader sous les chauds rayons du soleil de la Floride en dégustant un double Big Mac.  Être retraité du milieu de travail, ne signifie pas être retraité du monde qui se fait chaque jour.

On parle beaucoup d’autonomie dans les sphères gouvernementales, mais c’est pour en limiter le sens à la mobilité physique et pour restreindre sans cesse ou refuser des moyens réels ou massifs qu’elle exige pour son maintien et son développement.  Être autonomes, c’est être les auteurs de sa propre vie, vie personnelle et vie sociale.  Être autonome, c’est pouvoir être soi-même, avoir les moyens d’être les signataires conscients et surtout libres de chacune de ses orientations et de ses décisions, de chacun de ses actes et de ses engagements.  Les groupes qui dominent notre société marchande cherchent à réduire la place des aînés et à leur donner le simple rôle de spectateurs et de consommateurs.  Les empereurs romains savaient endormir le peuple en ne lui donnant  du pain et des jeux; aujourd’hui, on donne une pension minimale et des clubs de loisirs, ce qui n’est pas bon et épanouissant ni pour les aînés  ni pour les générations qui suivent.

Il y aura vingt-sept ans dans quelques semaines, ça c’est passé le 17 juin 1985, une aînée à fait reculer le gouvernement Mulroney.  On voudrait vivre sans vieillir, alors on vieillit sans vivre.  Il ne s’agit pas seulement d’ajouter des années à la vie, il faut ajouter de la vie aux années disait le commercial des Pharmacies Jean Coutu.

Je disais  tantôt que les baby-boomers à la retraite voudront maintenir leurs liens avec le monde, avec leurs mondes. Je ne peux que souhaiter  qu’ils s’inscrivent dans une démarche dynamique de reconfiguration de la société québécoise.  Ils ont défendu leurs droits et surtout leurs intérêts hauts et forts durant toute leur première carrière, ils ont comme responsabilité sociale maintenant de léguer aux générations qui suivent le goût du combat pour une société plus juste, plus démocratique,  plus respectueuse de l’environnement.  Et il est fort probable que pour y arriver qu’ils doivent gruger dans leurs acquis.  Mettons autant d’énergie à remplir nos responsabilités que nous en avons mis à défendre nos droits et nos intérêts.

Je déplore que les retraités, dans une grande majorité, ne proposent et ne portent que peu de projets mobilisateurs, c’est comme si leur capacité d’innovation avait été mise en veilleuse  le jour de leur retraite.  Nous assistons à un formidable désengagement des générations vieillissantes, non seulement à leur détriment, mais aux dépens des générations qui les suivent et qui vont vivre ou plutôt survivre dans un monde que leurs parents rêvaient meilleur et qu’ils auront laissé pire.

C’est par un exercice  de solidarités intergénérationnelles quotidiennes que notre société parviendra à réorienter et à réorganiser son action.  Il est nécessaire et urgent que les retraités s’allient aux groupes d’âge qui les suivent pour réinventer des espaces de production sociale et de gratuité solidaire.  Il est nécessaire et urgent qu’ils revendiquent avec les plus jeunes la préservation,  (ex. appui aux étudiants pour les frais de scolarité / appui aux éducatrices des CPE pour des salaires adéquats et l’équité salariale)   mais aussi la redéfinition, d’espaces publics de réflexion et de débat, d’animation et de gestion, de pouvoir et de contrôle.  Il est nécessaire et urgent qu’ils élaborent et revendiquent avec leur descendance des systèmes plus équitables de répartition des richesses.  Nécessaire et urgent qu’ils défendent et transforment les réseaux d’éducation et d’information pour en faire des soutiens collectifs efficaces du développement de tous, quels que soient l’âge, le sexe ou l’origine ethnique.  Il est nécessaire et urgent de réinventer ensemble les cadres  et les terrains d’exercice d’une réelle démocratie participative, et de renvoyer à leurs devoirs ou au recyclage nos politiciens en tout genre.  Il est nécessaire et urgent que ceux dont le travail et l’expérience de nombreuses années de vie constituent un patrimoine social et culturel irremplaçable se regroupent avec les générations qu’ils ont mis au monde pour promouvoir des politiques écologiques qui enrayent le gaspillage de nos ressources communes et la dégradation irréversible de la vie de notre planète.  N’oublions pas que ce sont les  baby-boomers encore actifs ou à la retraite aujourd’hui qui ont accouché de ces utopies et qui leur ont donné des lieux d’application et de réalisation.  C’est très simple, après  quarante-quatre ans,  il est temps de refaire le coup de Mai 1968.  Il y a eu le printemps arabe, il pourrait y avoir le printemps des “p’tits vieux“

Et refaire ce coup sera encore plus facile et plus simple à rééditer aujourd’hui avec les moyens techniques et les savoirs dont nous disposons.  De plus, nous avons la force du nombre.  Jamais les retraités auront été aussi nombreux, aussi autonomes, aussi expérimentés et instruits, aussi compétents et aussi en santé pour se faire entendre collectivement.  Encore faut-il que tout le monde s’y mette, non seulement sous forme d’un engagement personnel, mais surtout par l’action de groupes de citoyens de tous les âges.  C’est en opérant ce brassage des âges qu’on renforcera les liens sociaux et qu’on favorisera le développement collectif.  Et surtout ne confondons pas la notion de droit avec celle de privilège et d’intérêts associatifs ou corporatifs.  Apprenons de nos erreurs du passé.  Le problème avec les baby-boomers ce n’est pas que leurs idées soient périmées, mais que trop d’entre nous les avons reniées.  Les baby-boomers se sont ratatinés avant l’âge.

À l’automne 1995, j’avais organisé le congrès annuel de la Confédération de centres d’hébergement et de soins de longue durée  du Québec dont le thème était « TOUJOURS VIVANTS », thème qui s’inspirait de la chanson de Gerry Boulet.  Je vous invite à écouter ou à réécouter cette chanson.  Elle est révélatrice.  Et comme je le disais tantôt: être retraité du milieu de travail, ne signifie pas être retraité du monde qui se fait chaque jour.   Il faut que les pré-retraités, les retraités et les personnes vieillissantes se fassent les promoteurs de revendications sociales et globales visant l’ensemble des âges et des rapports sociaux.  Il ne faut pas que ces pré-retraités, ces retraités ou ces personnes vieillissantes se cantonnent à l’âge qui dort face aux engagements  citoyens.

Dans les mots VIEUX et VIEILLISSEMENT, il y a le mot VIE.

Réflexion intergénérationnelle

Un jeune se pensant assez génial,
assiste à un match de hockey avec des amis.

Il essaie d’expliquer à son voisin de siège, qui a un âge certain,
pourquoi il est impossible 
aux vieux de comprendre la nouvelle génération.

Vous avez grandi dans un monde différent, que je qualifierais 
aujourd’hui de primitif dit le jeune,
et assez fort pour que les gens autour de lui l’entendent.



Les jeunes d’aujourd’hui ont grandi avec
la télévision, les avions, les voyages dans l’espace,
la marche sur la Lune. Nos vaisseaux spatiaux ont visité Mars,
nous avons l’énergie nucléaire, l’électricité, 
les autos à hydrogène, les ordinateurs ultra rapides, etc.

Il prit une pause pour boire une  gorgée de bière.  Profitant de l’arrêt de ce flot de déblatérations, son voisin plus âgé dit:



Tu as parfaitement raison, mon jeune !  Quand nous étions jeunes,
nous n’avions pas toutes ces choses que tu as mentionnées…


C’est pourquoi nous avons dû les inventer.



Maintenant, mon jeune homme, toi et ta gang, qu’allez-vous faire pour la prochaine génération ?

Au Québec actuellement, il y a 6 générations qui cohabitent… de là on peut imaginer le nombre de valeurs différentes qui s’affrontent et le nombre de style de musique qu’on écoute.

Historique des générations *

La Génération militaire:  1901-1924

La Génération silencieuse:  1925 – 1942

Les Baby-boomers:  1943 – 1964 : 2 générations : 1943-1954 et 1955-1964

La Génération « X » : 1965 – 1981

La Génération « Y »:  1982 – 2001

La Nouvelle génération silencieuse: 2002 – ….  à déterminer

La Génération militaire = Concentrée sur la communauté. Façonnée de manière unique par la Grande Dépression. La Génération militaire est une génération centrée sur la communauté qui s’est unie ensemble pour sauver le monde politiquement et économiquement.

La Génération silencieuse = Elle s’est adaptée aux valeurs de la Génération militaire. Peu d’éclats.

Les Baby-boomers – Le baby boom a été une augmentation importante du taux de natalité de certains pays, juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les enfants nés durant cette période sont appelés des baby boomers, parfois simplement boomers.  Cette période s’étend de 1945 au milieu des années 1960 dans la plupart des pays développés. Durant les 2 premières décades du 21ème siècle, les baby-boomers qui partent massivement à la retraite créeront un nouvel effet socio-écomonique d’envergure: le Papy-boom.

En accord avec la théorie de William Strauss et Neil Howe, la génération des boomers occidentaux serait composée en grande partie d’idéalistes, d’égocentriques, de gens qui combattent jusqu’à la mort pour l’idéal qu’ils se sont fixé. Cette génération est déjà en conflit avec les « X », plus indépendants, et ont parfois des problèmes à comprendre le conservatisme, l’homogénéité et les capacités de travail en équipe qu’arborent leurs enfants de la génération  « Y ». L’idéal de cette génération (les boomers) est, pour certains, le capitalisme, le droit à la possession et à la liberté.

Le sociologue français Louis Chauvel* souligne la chance historique exceptionnelle des membres de cette génération et insiste sur leurs responsabilités dans la crise vécue par les générations suivantes.

Les Papy-boomers – Le papy-boom est une conséquence logique et prévisible du baby-boom: le grand nombre de départs à la retraite des baby-boomers entre 2000 et 2020. Ce phénomène pourrait avoir une influence importante sur l’économie du travail, comme par exemple occasionner une réduction de la population active.

Depuis le début du 21e  siècle,  les secteurs liés à la gestion des ressources humaines s’intéresse à la question et le terme papy-boom apparaît de plus en plus fréquemment chez les entreprises de recrutement, dans la presse économique et plus récemment  dans les médias destinés au grand public : McDo et Rona engagent des “vieux“.

À la différence du vieillissement de la population (la proportion de la population active diminue, le nombre de retraités augmente), l’effet papy-boom est conjoncturel et son impact n’a généralement pas été estimé comme critique.

Les secteurs économiques mettent en garde de différents risques pouvant survenir pour les entreprises: 1) la perte des connaissances; 2) le remplacement d’emploi: suppression ou nouvel engagement ?

Au niveau politique, les États doivent considérer: 1) des réformes sur la retraite afin de garantir le financement des pensions; 2) l’évolution du taux de chômage.

La Génération X – Les membres de la Génération X sont les occidentaux nés entre 1965 et 1981. Cette génération est intercalée entre celle des baby-boomers et la génération  « Y ». .

Selon la classification de Strauss et Howe, cette génération est « nomade », ce qui explique leur engouement pour l’agressivité, le goût de l’aventure, le cynisme et la contre-culture qui s’oppose aux boomers.

Nirvana, a été décrétée le groupe culte de la génération X; c’est l’âme même des « X ».

La Génération  « X » semble marquée par la Guerre froide et par les innombrables progrès technologiques ayant eu lieu durant cette ère. D’après eux, rien n’est impossible, il suffit qu’on y mette le temps et l’argent.

La Génération Y   comprend les enfants nés entre 1982 et 2001. Ces dates charnières sont variables. Certains les nomment également « enfants du millénaire » ou « écho-boomers », à cause de leur nombre qui dépasse largement celui de la génération précédente – en Amérique du Nord. Pour ce qui est de l’Europe, on considère que les enfants qui n’ont aucune mémoire de dictature ou de communisme est un « Y », puisque les autres montrent habituellement un caractère attribuable à la génération « X ». On les caractérise comme étant très calés en technologie; ils sont,  dès la tendre enfance,  d’habiles négociateurs, qui ont appris à vivre en synergie avec leurs parents du Baby-boom. On les voit plus tolérants, moins radicaux que ceux qui les précèdent.

En Amérique, leur arrivée dérange certains employeurs: ils sont indépendants et savent ce qu’ils valent. Ils n’ont pas peur de se comparer aux autres; ils pensent à court terme, sont aussi à l’aise pour communiquer à l’aide des technologies que directement. Contrairement à leurs parents, les jeunes de la génération « Y » ne placent pas le travail au premier plan. Ils refusent de travailler durant les fêtes et les fins de semaine (sauf en emploi étudiant) et veulent des congés pour décompresser, car la santé mentale et physique s’avèrent leur priorité. Hédonistes au grand cœur, ce sont également des globe-trotteurs, avides d’en connaître plus sur le monde. Strauss et Howe prédisent que les valeurs de gauche (alter-mondialisme, état-providence) seront accentuées durant l’apogée des « Y ». Leurs capacités de travail en équipe et leur homogénéité surprennent également.

Le racisme est très peu répandu dans cette génération: l’ouverture y est multidimensionnelle. L’obésité subit une forte hausse, mais le tabagisme diminue, surtout dans les régions où fumer est prohibé dans les lieux publics.

Selon Strauss et Howe, ce sera une génération de « Héros », plus conservateurs, plus terre-à-terre, qui devront s’astreindre à régler une crise  environnementale imminente.

Leur théorie, pourtant, ne porte pas à la réjouissance, puisque les deux dernières générations de « héros » se sont retrouvées à achever des guerres ou à en provoquer.

La culture de la génération « Y » est marquée par les mouvements Pop-Punk, Punk-Rock et plus récemment Hip-Hop (et tous ses embranchements) ainsi que l’emo-punk, qui fait de plus en plus d’adeptes.

La Nouvelle génération silencieuse  serait comparable, dans la théorie américaine des générations, à la génération silencieuse des natifs des années 1925 à 1943.

Cette nouvelle génération comprendrait, en gros, les enfants nés après les attentats du 11 septembre 2001. L’autre date charnière reste à déterminer. On n’en sait pas encore assez sur ceux-ci pour juger qu’elle pourra être leur culture, mais on peut se permettre de spéculer quant à leur nature en regardant la génération silencieuse originelle ou en se référant à l’œuvre de Strauss et Howe.

Selon Strauss et Howe, on se retrouvera avec un phénomène semblable à celui qui a affecté la génération silencieuse. Coincés entre une génération combative, individualiste, et la prochaine qui ressemblera aux baby-boomers. On les verra probablement subordonnés aux entreprises gargantuesques des « Y » et à la tête des entreprises idéalistes des nouveaux Prophètes (boomers). Ces générations vivent habituellement une crise massive durant leur jeunesse (exemple: dépression de 1929).

David Foot*, dans son livre « Boom, Bust and Echo » (Le boom et l’Écho), mentionne que les Silencieux ont eu la vie facile pour ce qui est de l’emploi. Le petit nombre de naissances durant la crise y est pour beaucoup. On peut estimer que les prochains Artistes auront de bonnes opportunités d’emploi et de hauts postes à la tête des Prophètes suivants.

Le profil des générations

Génération silencieuse

- Ils sont prêts à souffrir pour mériter leur gratification

- Marqués par la guerre, ils connaissent le manque

- Moins branchés sur les technologies de l’information

- Dociles à l’égard de l’autorité

- Ils ont des obligations morales fortes et un sens du devoir prononcé

Génération des baby-boomers

- La vie, c’est le travail; la réussite se mesure par leur carrière

- Ils sont préoccupés par la famille, mais ils ont le plus haut taux de  divorce jamais vu

- Ils sont déchirés par les valeurs parentales et la satisfaction du « moi »

- Pouvoir se procurer de belles choses; ils ont inventé la consommation et inculqué la surconsommation aux générations suivantes

- Davantage de choix de vie

Génération X

- Plutôt égocentriques, cyniques et sarcastiques

- Recherchent la gratification immédiate de leurs besoins

- Aiment expérimenter

- Critiquent et remettent en question l’autorité

- Vivent dans le présent et pour le présent

- La vie, ce n’est pas juste le travail

Génération Y

- Plutôt individualistes, portés à l’hypersexualisation

- Accorde plus de valeur au matériel

- Accorde moins de valeur aux règles, rebelles

- A une conscience mondiale très présente

- Est très à l’aise avec les technologies

- Précoce: essaie plusieurs choses très vite

* Sources et Notes

Strauss, William et Howe, Neil; Generations (1991), William Morrow and Company Inc.  ISBN-0-688-11912-3

Chauvel, Louis ;  Le destin des générations, structure sociale et cohortes en France au XXe siècle (1998), Presses universitaires de France.  HN440.I58 C53 1998

Foot, David ; Entre le Boom et l’Écho (1996), Boréal.  ISBN-2-89052-797-2

LA VIEILLESSE – DE QUOI AVONS-NOUS PEUR ?   Le vocabulaire.

Simone de Beauvoir, quand elle publie «La vieillesse» en 1970, a encore trois ans devant elle avant d’entrer dans la catégorie des vieillards, mot qu’elle utilise sans scrupules pour désigner des personnes de plus de 65 ans… Peut-on imaginer aujourd’hui une femme  ou un homme politique parler des conditions d’hébergement ou des résidences de vieillards ? No, désormais, on prend des gants.

Prenons le mot  «senior». Il désigne en réalité des catégories d’âge très différentes : dans la Rome antique, les seniors sont les citoyens «de réserve», qui ont entre 46 et 60 ans. Quand l’usage du mot en français, apparaît vers 1890, le terme de «senior» désigne un sportif de plus de 18 ans, qui ne joue plus en «junior»… Plus tard, le senior est relégué dans l’équipe des vétérans,

Puis le terme de «senior» a pris deux sens différents dans le registre économique et commercial. Il s’agit déjà de désigner des «plus de 50 ans» qui sont  soit relégués dans des fonctions subalternes, soit au chômage ou sans perspective d’emploi. Il a par ailleurs conquis ses lettres d’or pour désigner «les plus de 60 ans» qui ont droit à des réductions dans le prix des billets de train ou dans les pharmacies Jean Coutu.

Quant à l’expression «personne âgée», si elle est politiquement correcte,  elle ne veut rien dire, car nous sommes tous des personnes âgées… Ce que signifie proprement l’expression de personne âgée, à savoir une personne inscrite dans le temps, est gommé en même temps que la personne, pour ne laisser subsister qu’une qualité chosifiée : l’âge. Cette classification de l’âge ne laisse pas d’interroger, car une personne, du moment qu’elle est dite âgée, n’a plus d’âge : «octo», «nono» peu importe, on l’a mise dans une case. Cette mise en âge ressemble à une mise en cage… Transformer les vieux en une catégorie empêche la question de savoir vieillir et de savoir mourir aujourd’hui… Toutes les études faites sur les  personnes âgées convergent : elles considèrent les  «vieux» comme un groupe social déterminé qu’il faut traiter spécifiquement en termes de soins, de coût, de lieu de vie, etc. mais jamais en termes de philosophie.

La vieillesse est souvent pensée en termes de perte (perte de vitalité, perte d’énergie, perte de mémoire)… La vieillesse fait peur, parce qu’elle est associée, dans nos imaginaires, au déclin, à la décrépitude, à la mise en quarantaine quand on a précisément doublé la quarantaine.

Depuis 1945, l’État et la société ont mis en place une politique sociale concernant les personnes âgées, et engagé des dépenses importantes et efficaces qui ont amélioré considérablement les conditions de vie et la santé des personnes âgées. Les politiques-vieillesse, les dépenses-vieillesse, ou encore le minimum-vieillesse ont contribué à renforcer la construction sociale de la vieillesse en combattant la dépendance et de la ségrégation sociale.

Maintenant la vieillesse doit tout simplement devenir une étape incontournable dans l’histoire  du moi et dans le devenir d’un être humain.

On peut surtout apprendre de soi-même. Le vieillissement commence à la naissance. Chacun d’entre nous, par son histoire individuelle, construit un style propre d’être au monde.

À la question du savoir vieillir et du savoir mourir dans la société, on peut déjà répondre que tout est une question de savoir vivre. Savoir vivre, ou vivre en conscience c’est d’abord ne pas vivre par procuration, qu’elle soit conjugale, familiale, médicale ou sociale.

Personne ne peut mourir pour moi, personne ne peut vieillir pour moi, personne ne peut vivre pour moi.  Plutôt que de vouloir conjurer la vieillesse et la mort on devrait peut-être se rappeler plus souvent que vivre c’est vieillir et que vivre c’est mourir.

Une autre question lançinante - Le terme “vieux“ est-il péjoratif ?

Comment faut-il nommer les personnes…d’un certain âge?

Le mot «vieux» origine du latin vetus (en français on a le terme dérivé de «vétuste») qui signifie «qui est vieux,  détérioré par le temps, usé ou dégradé».

Selon le dictionnaire, ce mot désigne : 1. celui qui possède les caractères de la vieillesse;  2. ce qui a une certaine ancienneté; 3. et ce qui a beaucoup servi (p. extension:  usure).

Selon l’anthropologue française Bernadette Pujalon,  par son étymologie le mot vieux vient du latin vetulus qui veut dire «l’usure». Le mot apparenté «senior» vient aussi du latin sénex qui signifie sénateur mais aussi sénile. Selon elle,  en Occident nos sociétés ont toujours été dures à la vieillesse. Par exemple, au Moyen-âge, la vieillesse était considérée comme une « décrépitude ». Auparavant, on pouvait constater une cohérence entre la vieillesse «sociale» et l’usure biologique. On était considéré comme vieux dès qu’on n’avait plus la force physiquement.

Aujourd’hui, on est socialement vieux de plus en plus jeune et biologiquement vieux de plus en plus tard. Le senior a 50 ans. Le « vieux » en a 80.

Mais la perception de la vieillesse change, dans un sens plus favorable. La gérontologie a contribué à redorer l’image du vieillard au même titre que le milieu du «marketing» qui voit dans le vieillissement des opportunités d’affaires exceptionnelles.

Certains ont proposé le concept d’Homo senectus (L’homme vieux) pour signifier l’entrée en Occident dans une ère nouvelle, caractérisée par des évènements historiques inédits : l’affluence des personnes de 60 ans et plus, l’allongement de l’espérance de vie, l’étirement de la durée de la retraite au détriment de celle du travail et l’émergence d’une culture nouvelle des seniors. De nouveaux enjeux de société et des défis individuels inattendus apparaissent dans la foulée de ces transformations et de l’émergence de ce nouvel acteur des temps moderne.

L’art de vieillir

Savoir vieillir, c’est savoir vivre. Je suis ce que j’ai été, disait Sartre.Je pourrais dire que savoir vieillir s’apprend très jeune. Bien vieillir, c’est savoir s’adapter à des situations nouvelles.

Le temps passe… Les années s’accumulent! Vous vous sentez vieillir ? Vous dites «tu» à tout le monde et tout le monde vous dit «vous»? Vous commencez à vieillir! Ce n’est pas toujours facile mais, c’est jusqu’à maintenant le seul moyen de vivre longtemps!

Nous vieillissons tous, mais nous pouvons décider de ne pas devenir «vieux» 

Seuls les sots, affirmait Cicéron, se lamentent de vieillir. À chaque âge ses vertus et ses plaisirs. C’est bien l’art de vieillir qu’il faut réapprendre si l’on veut avancer dans la vie sans aigreur, ni regrets.

Apprenons à bien vieillir, laissant la nature défaire lentement ce qu’elle a fait.

Actuellement, le débat autour de la question des fonds de pension et des rentes nous invite à parler de la vieillesse et du vieillir. Il est beaucoup question d’argent, d’économie, de solidarité envers les plus vulnérables. Des questions essentielles, qui témoignent d’une réelle prise de conscience. Mais le fond du problème n’est pas vraiment posé.

Vieillir fait peur et cette peur n’est pas seulement matérielle. Il ne s’agit pas seulement de la crainte de ne pas avoir les moyens de jouir de sa retraite, d’être acculé par la maladie et la dépendance à vivre à l’écart des siens et loin de chez soi. Il s’agit d’un mal-être qui a sa racine ailleurs. Dans l’interrogation inquiète sur le sens des années qui restent à vivre, et qui rapprochent de la mort. Interrogation spirituelle qui se cache derrière la peur de ne plus être utile, aimable ou désirable, de ne plus avoir sa place dans le monde, d’être un poids pour la société. Qu’est-ce que vieillir ?

Changer notre regard

Des voix se sont élevées récemment pour dénoncer cette exclusion dramatique des personnes âgées dans un monde « jeuniste ». Il faut se dire que la vieillesse est une ouverture et non pas une fermeture, qu’elle est une chance et non pas un fardeau pour la société.

La vieillesse n’est pas seulement un déclin. Elle n’est pas seulement le signe avant-coureur du tragique et du néant avant la mort. Pour ceux qui refusent de vieillir et s’accrochent désespérément à leur jeunesse, vieillir peut être vécu comme un naufrage, mais pour d’autres, qui savent se transformer avec l’âge, mûrir, s’alléger, et se détacher, la vieillesse n’est pas un effondrement.

Face aux deux fléaux qui nous menacent, la tristesse et l’ennui, la stratégie proposée est d’être attentif et ouvert à tout ce qui arrive de nouveau. Rester capable d’admirer. C’est-à-dire rester jeune de coeur et d’esprit.

Cela suppose de ne pas subir passivement les assauts de l’âge, et c’est pourquoi je soutiens l’idée que vieillir est un « travail ». Une tâche difficile qui suppose des deuils et des renoncements, mais qui ouvre sur de nouvelles perspectives.

Victor Hugo a parlé d’« éclosion », un autre d’« entreprise de renaissance ». Pourquoi les centenaires d’Okinawa au Japon sont-ils les porte-bonheur de leurs enfants et petits-enfants qui les considèrent comme des trésors ? Quel est leur secret ? Ils voyagent en esprit, pensent leur vie, écoutent de la musique ou chantent, lisent, écrivent, contemplent, découvrent des oeuvres d’art, marchent, méditent.

Ils vivent et font vivre ce qui en eux ne vieillit pas, la vie intérieure, s’appuyant sur ces ressources qui, non seulement ne diminuent pas, mais continuent à croître et à se renouveler : la joie, la bienveillance, la sagesse : qualités que nous devons déjà avoir.   C’est le paradoxe du vieillir : diminution sur un certain plan, croissance sur un autre.

Responsabilité éthique

Il est urgent, dans la désespérance actuelle, de montrer cet autre visage de la vieillesse, lumineuse et intéressante, afin qu’en vieillissant nous ne pesions pas de notre mal-être sur les jeunes générations. Imaginons que, demain, la vieillesse continue d’être vécue comme un échec à cacher. La tristesse, le désespoir, les marasmes psychiques engendrés par cette vision seront effectivement ruineux. Il est donc de notre responsabilité éthique de nous préparer suffisamment tôt, dans la vie, à cette révolution de l’âge, afin de transmettre aux générations qui viennent l’image d’un vieillir enviable, avec sa mission propre.

On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années. On devient vieux lorsque  les doutes nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.

Vieillir en beauté, c’est vieillir avec son cœur,
sans remord, sans regret, sans regarder l’heure.
Aller de l’avant, arrêter d’avoir peur.
Car, à chaque âge, se rattache un bonheur.

Vieillir en beauté, c’est vieillir avec son corps;
Le garder sain en dedans, beau en dehors.
Ne jamais abdiquer devant un effort.
L’âge n’a rien à voir avec la mort.

Vieillir en beauté, c’est donner un coup de pouce
à ceux qui se sentent perdus dans la brousse.
Qui ne croient plus que la vie peut être douce.


Vieillir en beauté, c’est vieillir positivement.
Ne pas pleurer sur ses souvenirs d’antan.
Être fier d’avoir les cheveux blancs,
Car, pour être heureux, on a encore le temps.


Vieillir en beauté, c’est vieillir avec amour.
Savoir donner sans rien attendre en retour.
Car, où que l’on soit, il y a quelqu’un à qui dire bonjour.



Vieillir en beauté, c’est vieillir avec espoir.
Être content de soi en se couchant le soir.
Et lorsque viendra le point de non-recevoir,
Se dire qu’au fond, ce n’est qu’un au revoir.

Ce que nous dit la mouette

« On devient vieux quand on fait passer sa digestion avant sa gourmandise, son repos avant son plaisir et le confort avant l’élégance ».

« On commence à vieillir quand on finit d’apprendre ».

  »On aimerait vivre sans vieillir et, en fait, on vieillit sans vivre ».

« Vieillir est encore le seul moyen qu’on ait trouvé de vivre longtemps ».

« On ne peut s’empêcher de vieillir, mais on n’est pas obligé de vivre en vieux ».

« Les archéologues font des maris idéaux. Plus leur femme vieillit, plus ils l’apprécient ».

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