J’aurai 53 ans demain *

Ce sont mes parents qui ont façonné le monde dans lequel je vis.

Par Alexandre Imbert – 19 décembre 2012

Je pourrais leur en vouloir d’avoir gaspillé, pollué, marchandisé tout ce qu’ils touchaient. Je pourrais leur en vouloir d’avoir sacrifié sur l’autel du progrès les traditions que leur avaient légué leurs propres parents. Je pourrais leur en vouloir d’avoir négligé les conséquences de leur course à la modernité… Mais je ne leur en veux pas.

Pourquoi ? Parce que je me dis, par exemple, que ceux qui ont découvert le pétrole et ses innombrables applications devaient, à l’époque, crier au miracle (avec quelques gouttes d’un liquide fossile puant et inutile on a pu remplacer presque tous les objets du quotidien par des objets plus légers, moins chers et plus solides). Parce que je me dis que ceux qui travaillaient dans les laboratoires pharmaceutiques et inventaient de nouveaux médicaments devaient se prendre pour des bienfaiteurs de l’humanité. Parce que je me dis que les agriculteurs férus de produits phytosanitaires et les industriels de l’agro-alimentaire pensaient peut-être avoir trouvé le remède à la faim dans le monde…

Tous y ont cru et ont vécu grassement de ces trente glorieuses qui devaient être une époque enthousiasmante.

Mais la déconvenue n’a pas tardé… et ma génération en est le fruit. Le pétrole pollue tout, les médicaments, l’agriculture intensive et la nourriture industrielle tuent des gens par milliers et le progrès a montré ses limites.

C’est à ma génération que j’en veux. C’est elle qui a découvert dans quelle impasse nos parents avaient naïvement jeté le monde, c’est elle qui aurait dû faire machine arrière, tout de suite, mais elle n’a rien fait… Sans doute parce qu’il y avait trop à perdre.

Quarante ans… Voilà quarante ans que nous perpétuons un système nocif et destructeur. Quarante ans que nous nous y accrochons désespérément, quarante ans que nous refusons de voir la vérité en face.

Mis à part quelques éveillés (dont j’espère faire partie), l’immense majorité de ma génération fait encore front, encore en 2012, pour refuser le changement : l’agriculture bio progresse à pas de fourmi, la médecine naturelle est systématiquement dénigrée, les énergies renouvelables sont encore des gadgets et l’écologie fait 2% aux élections…

Je me dis que peut-être nos fils et nos filles seront moins obtus (ou plus clairvoyants) que nous et c’est pour cela que je continue de me battre. On dit que l’ère du Verseau qui commence verra naître un nouvel homme, je l’espère de tout mon coeur et je suis pressé de le voir prendre ma place.

Source

* http://www.alternativesante.fr/

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