Maîtrise en gérontologie-Soutenance

Soutenance présentée dans le cadre de la maîtrise en gérontologie à l’Université de Sherbrooke, le 23 avril 1991. Le jury devant lequel la soutenance a été faite était composé de :  Francine Ducharme, Ph. D. – Diane Lauzier, D.E.A. – Dr Réjean Hébert, Ph. D.

Le mémoire de maîtrise s’intitulait : Les relations de l’approche psycho-sociale avec la qualité de vie au travail du personnel et la satisfaction de vie des bénéficiaires dans un centre d’accueil d’hébergement.

La direction de ce mémoire de maîtrise était assurée par Diane Lauzier qui agissait comme conseillère principale du mémoire et par Lee H. Bowker, doyen de la Faculté des Sciences du comportement de “Humboldt State University of California“ qui agissait comme conseiller-adjoint.

Le 23 avril 1991, Bernard Fournelle est devenu LE premier détenteur d’une maîtrise en gérontologie décernée par une université au Québec.   Johanne Desrosiers devenant, le même jour, LA première diplômée d’une même maîtrise.

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Les objectifs de la recherche

Nous nous dirigeons vers un vieillissement de la population sans précédent d’ici l’an 2011.   16.7% de la population du Québec aura plus de 65 ans (1.2 million).  7.7.% de la population aura plus de 75 ans.

Associée à une certaine stagnation économique, cette évolution présage une période d’ajustements nécessaires à une meilleure  organisation des services, compte tenu des ressources  disponibles qui n’iront pas en augmentant proportionnellement à la demande.

En effet, la croissance de la consommation de soins de santé est fortement liée au vieillissement de la population.  Or, la part consacrée au financement de la consommation des soins et des services aux personnes âgées ne cesse d’augmenter plus rapidement que les autres dépenses; cette situation obligera le réseau, et plus particulièrement le centre d’hébergement et de soins de longue durée, de demain, à un virage spectaculaire dans le sens d’une meilleure efficience et d’une plus grande efficacité dans l’utilisation des ressources qui lui seront consacrées.  C’est dans cette ligne de pensée que s’inscrit la présente recherche.  Le temps est venu maintenant de profiter de ce contexte pour actualiser un modèle d’intervention qui nous permettra d’établir un continuum de réponses adaptées aux besoins des personnes âgées en perte d’autonomie que nous retrouvons dans nos établissements.

Ma philosophie de gestion et d’intervention se base sur une vision du vieillissement comme étape de la vie et non comme une maladie.  Cette philosophie se traduit dans une conception de la personne âgée comme un individu qui poursuit sa croissance en étant accompagné dans son cheminement par des intervenants qui le respecte dans ses droits fondamentaux et le considère comme un citoyen à part entière.

Inspirée d’un modèle socialisant, plutôt que médicalisant, cette philosophie utilise une approche globale de type bio-psycho-sociale qui considère la personne dans son ensemble, comme un tout intégrant les dimensions interreliées des composantes physiologique, psychologique et sociale qui font d’elle un être humain unique pas sa nature, sa personnalité, ses forces, ses limites, sa richesse intérieure, son histoire et par son expérience propre.

Plus concrètement, la recherche a défini un instrument permettant d’évaluer l’approche psycho-sociale.  Une fois cet instrument mieux développé, il sera plus facile pour le centre d’hébergement et de soins de longue duré, de se définir une philosophie propre qui pourra modeler dans un deuxième temps, des programmes, des services et ainsi façonner une formation pour les personnels y oeuvrant.  Sur le plan pratique et à court terme, cette recherche devrait aider les personnels à évaluer leur démarche dans l’implantation d’une approche psycho-sociale au niveau de l’intervention.

Nous voulons valoriser et instrumenter une approche.  Pour y arriver nous l’avons confronté à deux éléments incontournables de la réalité de nos milieux: la qualité de vie au travail du personnel et la satisfaction de vie des bénéficiaires.

L’approche psycho-sociale a-t-elle une influence sur ces deux éléments ?  Nos hypothèse vont dans le sens que plus l’approche psycho-sociale est élevée plus la qualité de vie au travail du personnel et la satisfaction de vie des bénéficiaires seront élevées.

Le cheminement méthodologique

La Nouvelle-France, le Bas-Canada et le Québec vécurent une évolution au niveau des organisations, des clientèles et des personnels.

De l’asile du XVIIIe siècle nous aurons bientôt le centre d’hébergement et de soins de longue durée.  Mais nous avons aussi connu l’hospice, les hôpitaux pour malades chroniques, les CHSP et les CAH.

D’une personne âgée nécessiteuse et abandonnée par sa famille nous avons aujourd’hui une clientèle en perte importante d’autonomie, perte d’autonomie qui amène des difficultés permanentes d’adaptation et que l’entourage naturel ne peut plus compenser.

De la religieuse dévouée au Seigneur, nous retrouvons aujourd’hui des spécialistes toute catégorie.  Nous avons le médecin, l’infirmière, la physiothérapeute, l’ergothérapeute, la préposée aux bénéficiaires, la technicienne en loisirs, et combien d’autres.

La revue de littérature nous rappelle que les services et les soins pour les personnes âgées se sont développés à partir du modèle médical traditionnel.  Ce modèle a comme objet de diagnostiquer, de traiter et de guérir.  Ce modèle est tenté d’assimiler vieillissement et maladie.  La gageure du modèle médical  est donc d’accepter certaines situations sans espoir et y suppléer, tout en continuant d’offrir aux personnes tout l’aide dont elles ont besoin.  Le modèle médical, en plus de diagnostiquer, traiter et rééduquer, devra permettre aux personnes âgées d’avoir du plaisir à vivre.  La même revue de littérature nous situe l’apparition du modèle socialisant dans les années 70.  Le Conseil des Affaires sociales et de la Famille appréhendait en 1978 l’ouverture d’un débat mettant en cause le modèle médical et le modèle social.  Le modèle socialisant n’évacue pas les problèmes physiologiques, mais il présente la santé comme étant un état d’équilibre bio-psycho-social de l’être humain avec lui-même et son milieu.  L’objectif de ce modèle est donc de favoriser l’adaptation de la personne à son environnement de sorte que l’intégrité de sa santé bio-psycho-sociale soit maintenue au maximum et en équilibre.

Notre cheminement conceptuel s’est articulé autour du modèle de Lee Bowker.  Les travaux de ce dernier nous ont servi à définir notre cadre opératoire.  Du concept de l’humanisation de l’approche face au vieillissement nous en sommes venus à élaborer certaines dimensions et des indicateurs qui rendaient le tout mesurable.

À partir de critères de pertinence et de commodité, il a été retenu que nous procédions par questionnaire.

Donc à partir des trente-trois indicateurs définis par Bowker, nous avons procédé à l’élaboration d’une échelle d’évaluation qui nous a permis d’apprécier l’approche psycho-sociale.  Nous avons, à l’inventaire de ses  indicateurs, ajoutés quatre nouveaux indicateurs.  Cette échelle d’évaluation fut testée dans six organisations qui ne faisaient pas partie de l’expérimentation finale.  L’opération test-retest nous donna un coefficient de corrélation intra-classes de .70 .  Un tel coefficient est considéré comme modéré et acceptable, compte tenu de la complexité du concept à mesurer.  Ce questionnaire évalue quatre dimensions à l’aide de trente-sept questions.

La qualité de vie au travail fut évaluée à l’aide d’un questionnaire élaboré par Jean Louis Bergeron de la Faculté d’administration de l’Université de Sherbrooke.  Ce questionnaire est utilisé depuis plus de dix ans et il nous permettait d’évaluer la réalité que nous souhaitions connaître.  Il comporte 96 questions permettant l’évaluation de 9 dimensions.

La satisfaction de vie des bénéficiaires fut évaluée à l’aide d’un questionnaire élaboré par Rudolf H. Moos de l’Université Stanford de Californie.  Il comporte 63 questions se regroupant sous sept dimensions.  Il est important de saisir que nous voulions évaluer la satisfaction des bénéficiaires à vivre dans un centre d’accueil et non pas la satisfaction de la vie globale de la personne âgée.  Face à ce questionnaire, il a fallu procéder à une traduction et une adaptation au contexte québécois.  Le tout fut effectué selon des standards reconnus.

La poursuite de notre recherche nécessitait trois éléments: des organisations, des personnels et des bénéficiaires.

Un comité d’experts, à partir de nos définitions, de nos descriptions, de notre cadre de référence et de certains paramètres a identifié six centres d’accueil d’hébergement ayant des ressources financières et humaines semblables.  ces experts devaient nous assurer que nous retrouvions deux centres ayant une réputation médicalisante, deux centres ayant une réputation socialisante et deux centres n’ayant aucune affiliation précise.

Dans chacune des organisations nous avons retenus 25 membres du personnel.  Ces personnes devaient détenir un poste à temps complet ou à temps partiel régulier.  Cette sélection s’est faite au hasard, à l’intérieur de catégories que nous avions identifiées.  Notre distribution reflète les normes standards reconnus dans l’allocation des ressources humaines pour les centres de cette catégorie.

Au niveau des bénéficiaires, nous nous sommes entendus pour sélectionner 25 personne par établissement.  Le critère de sélection étant la capacité de répondre soit par écrit soit verbalement aux différents questionnaires.  L/a aussi, la sélection s’est faite au hasard.  Il avait été prévu de compléter ce nombre par des répondants des familles si nous ne pouvions atteindre le nombre de  25 bénéficiaires.

La procédure de cueillette des données s’est effectuée du 27 août au 30 novembre 1990.  Le personnel avait deux questionnaires à compléter et cette opération était sous la responsabilité du chercheur.  Les bénéficiaires avaient aussi deux questionnaires à compléter.  Cette opération était sous la responsabilité d’un bénévole ou d’un intervenant identifié par l’établissement.  Cette personne avait reçu l’information et la formation appropriée pour mener à bien ce processus.

Nous devons souligner que le personnel et les bénéficiaires, au niveau de l’approche psycho-sociale avaient le même questionnaire à compléter.

Toutes ces opérations se sont déroulées sans problème, si ce n’est le désistement d’un centre au début du processus, centre qui fut remplacé.

Les limites

Nous nous devons avant de présenter les résultats de souligner certaines réserves ou limites reliées à cette recherche.

Nous utilisons trois instruments différents, ces instruments sont utilisés pour une première fois dans un tel contexte.  L’instrument sur l’approche vient de voir le jour, il est confronté à une première expérimentation.  Le questionnaire sur la satisfaction de vie des bénéficiaires est un instrument reconnu aux Etats-Unis.  Par contre, la traduction peut avoir modifier sa fidélité et sa validité.  En tenant compte des ressources dont nous disposions, nous avons procédé aux diverses opérations pouvant nous assurer de standards acceptables pour la traduction.  Aucune nouvelle étude de validité et de fidélité n’a été faite.  Le questionnaire portant sur la qualité de vie au travail, quoique utilisé depuis plus de dix ans, n’a pas fait le sujet d’études approfondies sur sa fidélité et sur sa validité.

Les organisations qui participèrent à l’expérimentation l’ont fait spontanément, ils souhaitaient situer leur cheminement, ils voulaient connaître  leurs forces et leurs faiblesses.  Une ouverture a existé tout au long de la recherche.  Sont-ils représentatifs du réseau ? Peut-être pas.

L’évaluation faite par le personnel était supervisée par le chercheur, par contre les évaluations des bénéficiaires étaient sous la responsabilité de six personnes différentes.  Les directives furent les mêmes, mais des doutes sur le déroulement, pour un centre, sont apparus à la fin de la recherche.

Les résultats

Dans l’ensemble des organisations, pour le personnel, nous avons obtenu un taux de participation de 94% (141/150).  Au niveau des bénéficiaires, nous avons obtenu globalement un taux de participation de 97% (145/150).

L’approche psycho-sociale, évaluée par le personnel, confirme 5 prévisions sur 6 du comité d’experts.  Les centres ayant une réputation socialisante, les centres 3 et 4 se classent en tête, quoique le centre 3 se classe moins bien que prévu.  Les centres 1 et 2, n’ayant aucune affiliation précise, se classent selon les prévisions.  La première surprise survient d’une centre ayant une réputation médicalisante.  Le centre 5 se classe selon la prévision initiale.  Par contre, le centre 6 se classe beaucoup mieux que la prévision des experts.  L’évaluation de l’approche par les bénéficiaires confirme les prévisions pour 4 centres sur 6.  Là aussi certaines surprises, le centre 6, ayant une réputation médicalisante se situe en deuxième position et le centre 3 ayant une réputation socialisante se classe de peine et de misère en cinquième position.

L’évaluation de la qualité de vie au travail nous confirme, au niveau descriptif, 4 prévisions sur 6 du comité d’experts, avec les mêmes surprises.  Le centre 6, fait mentir la prévision en se classant deuxième, tout près de la position de tête.  Le centre 3 se retrouve en cinquième position.  Par contre, le centre 4 qui se retrouve en tête, tant pour le personnel que pour les bénéficiaires, au niveau de l’approche se retrouve aussi en première position pour la qualité de vie au travail.  Le centre 5, qui se retrouve dernier au niveau de l’approche, s’approprie aussi la dernière position au niveau de la qualité de vie au travail.

Enfin, les évaluations sur la satisfaction de vie des bénéficiaires nous donnent des résultats surprenants.  Nous ne pouvons établir de relations significatives, tant au niveau des résultats descriptifs qu’au niveau des mesures statistiques.  Le centre 4 continue à se distinguer des cinq autres avec une position de tête. Nous nous devons de remarquer les faibles écarts entre les centres.

Certaines mesures statistiques furent employées et nous permettent quelques affirmations.  Nous pouvons affirmer qu’il y a une corrélation vraisemblable entre l’approche et la qualité de vie au travail pour les centres 3 et 4.  Aucune corrélation entre l’approche et la satisfaction de vie des bénéficiaires n’a été trouvée.  L’analyse de variance nous permet aussi certaines constatations.  Le centre 4 est significativement différent des autres au niveau de l’approche évaluée par le personnel.  Au niveau de la qualité de vie au travail, le centre 3 est significativement plus bas que tous les autres centres sauf du centre 5 qui est aussi faible.  L’approche évaluée par les bénéficiaires démontre que les centres 4 et 6 sont significativement différents des quatre autres centres.  Le centre 4 se détache significativement des autres au niveau de l’approche tant par l’évaluation des bénéficiaires que celle effectuée par le personnel.

Enfin, nous avons évalué le degré d’indépendance et de discrimination des différentes dimensions contenues dans le questionnaire sur l’approche.  Des corrélations s’échelonnant de .61 à .73 apparaissent, ces résultats nous confirment qu’un travail de raffinement se devra d’”être accompli pour améliorer ce questionnaire.  En effet, une corrélation supérieure à .70 est considérée comme un lien un peu trop fort entre deux dimensions d’un même instrument.  Il est envisagé dans le développement futur de cet instrument de procéder à l’analyse factorielle.

L’objectif de la recherche était d’évaluer l’influence de l’approche psycho-sociale sur la qualité de vie au travail et sur la satisfaction de vie des bénéficiaires.  L’élaboration d’un instrument de mesure nous a permis d’évaluer l’application de l’approche psycho-sociale.  Nous étions conscients, et nous les sommes toujours, que cet instrument en est à un stade préliminaire de développement.  L’instrument nous a permis de saisir une certaine réalité des centres d’accueil.  Les prévisions des experts sont confirmées en partie:  les centres devant se retrouver aux extrémités de notre évaluation s’y retrouvent; le centre 4 tant au niveau du personnel que des bénéficiaires se démarque très clairement, sa réputation socialisante est confirmée.  Il en est de même pour le centre 5, qui se voit confirmé dans sa réputation médicalisante.  Par contre, les résultats du centre 3 et du 6 nous laissent perplexes.  Comme nous l’avons indiqué, le centre 3 possède une réputation psycho-sociale et le centre 6 affiche quant à lui une réputation médicalisante.  Ce ne sont pas tellement les résultats du centre 6 qui surprennent que ceux du centre 3.  Une explication de cette performance peut résider dans l’âge du centre 3.  Ce centre, ouvert au début des années 80, a peut-être une volonté de s’affirmer dans l’approche psycho-sociale mais un tel cheminement prend du temps et avoir attendu de lui un résultat comparable au centre 4 était peut-être illusoire.  Le centre 4 a 23 ans d’existence et applique systématiquement une approche psycho-sociale depuis près de dix ans.  La durée d’implantation a sûrement des effets sur l’intensité d’application.  On n’impose pas arbitrairement une approche.  Les évaluations du centre 6 nous démontrent une approche beaucoup plus nuancée que les perceptions avancées par les experts.  Les résultats des centres 1 et 2 confirment la perception des experts.

Les évaluations sur la qualité de vie au travail nous présentent sensiblement les mêmes résultats et nous livrent les mêmes constatations que les évaluations sur l’approche.  Le centre 4 se démarque vers le haut, le centre 5 se positionne vers le bas.  Les centres 1 et 2 se retrouvent dans l’entre deux.  Le centre 3, de réputation socialisante se retrouve statistiquement le plus bas et le centre 6, de réputation médicalisante, se situe très près de la première position.

Les différentes analyses statistiques ont démontré qu’il existait une relation assez forte forte entre l’approche et la qualité de vie au travail pour les centres 1 – 2 – 3 -4 – 5.

La dernière interrogation était de savoir si l’application de l’approche psycho-sociale influençait la satisfaction de vie des bénéficiaires.  Les résultats obtenus ne nous livrent aucune donnée significative.  La satisfaction de vie des bénéficiaires semble se développer indépendamment de l’approche que nous retrouvons dans les centres.

Ces résultats présentent un intérêt certain lorsque nous les comparons aux résultats des études de Moos.  La satisfaction de vie des bénéficiaires en établissement est de 61% au Québec alors qu’elle est de 50% en Californie.  Cet écart s’explique peut-être par les notions d’universalité et de non-discrimination du réseau public québécois.

Notre recherche voulait évaluer et démontrer l’influence de l’approche psycho-sociale sur la qualité de vie au travail et sur la satisfaction de vie des bénéficiaires.  Certaines hypothèses ont été formulées.  Il est évident qu’aucune d’entre elles n’a été confirmée.

L’approche psycho-sociale a été évaluée d’une façon satisfaisante en tenant compte de l’état de la situation.  Les deux autres variables ont aussi été soumises à l’évaluation, mais les résultats ne nous permettent pas d’avancer de conclusions évidentes.  L’application d’une approche psycho-sociale tend à développer une qualité de vie au travail satisfaisant, notre recherche nous présente des cas extrêmes, mais les autres centres ne nous apportent pas les données qui nous faciliterait une réponse sans équivoque.  Il en est de même pour la relation existant entre l’approche et la satisfaction de vie des bénéficiaires, celle-ci ne se développe pas au même rythme que l’approche.

Nous pouvons conclure en affirmant que le développement de l’approche psycho-sociale influence sensiblement la qualité de vie au travail tout en maintenant un degré acceptable de la satisfaction de vie des bénéficiaires.  Encore faudrait-il définir ce que nous entendons par “ acceptable”.

Une contribution

La recherche n’a pas donné les résultats spectaculaires souhaités, mais elle a tout de même livrée certaines constatations intéressantes.

La recherche a démontré qu’il est possible d’évaluer un modèle, une approche d’intervention. Les différents centres d’accueil qui ont participé à l’expérience l’ont fait avec empressement, mais l’intérêt démontré depuis la fin de l’expérience est encore plus stimulant.  Ils souhaitent approfondir leur démarche, impliquer leur personnel, planifier des milieux de vie qui feront en sorte de satisfaire les clientèles qu’ils reçoivent.

L’instrument d’évaluation au niveau de l’approche est imparfait, il demande des améliorations, un plus grand raffinement est souhaité, des expérimentations répétées nous assurera à long terme qu’il devienne plus précis, plus complet, plus crédible.  Le modèle existe, il est stimulant, il nous reste à le traduire dans la réalité quotidienne.  Comme nous le soulignions, au début de notre recherche, un modèle est une vue de l’esprit, nous devons le définir pour qu’il devienne un outil de travail et non pas seulement un sujet de discussion.

Il en va de même pour la qualité de vie au travail.  Notre réseau est en mutation au niveau structurel, les plans d’organisation seront modifiés en profondeur dans les prochains mois, il me semble urgent et primordial au niveau des ressources humaines de nos organisations de nous attarder sérieusement à faire en sorte qu’elles deviennent le fer de lance de toute réforme.  Des modèles de gestion novateurs existent et ne demandent qu’a être expérimentés.  Il est impossible de gérer plus mal les ressources humaines que nous le faisons présentement. Nous ne pouvons faire pire.  Il n’y a donc pas de risque à tenter quelque chose de nouveau.

Un des effets inattendus de la recherche et de sa revue de littérature, a été de découvrir que la satisfaction de vie des personnes âgées n’était pas plus élevée à domicile qu’en établissement.  Cette conclusion origine des travaux que Moos a menés en Californie.  Il n’était pas de nos objectifs de confronter cette relation au Québec.  Mais il nous semblerait intéressant de mener une telle recherche chez nous. L’objectif n’étant pas de valoriser l’hébergement mais à tout le moins de situer ce débat dans sa juste perspective.

La recherche n’a fait que confirmer, à mes yeux, la valeur et l’à-propos de l’approche psycho-sociale, qui a comme spécificité de répondre aux besoins de la personne dans sa globalité bio-psycho-sociale.  Elle s’est voulue pratico-pratique, elle se veut un outil de travail pour intervenir dans le milieu, pour améliorer le milieu.  Elle fait aussi ressortir l’indispensable cheminement qui doit s’inscrire tant au niveau organisationnel, qu’au niveau individuel.  Les centres d’accueil sont composés de personnes qui y résident et de personnes qui y travaillent: les centres d’accueil se doivent d’être des milieux de vie.  C’est la mutation qui doit s’opérer.

 

 

 

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